Cinq questions, cinq réponses, Isabelle Villain a bien voulu éclairer ma lanterne !

Après avoir découvert la plume d’Isabelle Villain avec son thriller, A pas de Loup, publié chez Taurnada (chronique ici), j’ai voulu en savoir plus sur la « daronne » comme l’appellent ses collègues de plume. Sa rencontre avec son éditeur, son roman, un entretien court rien que pour vous !

1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes et nous dire comment s’est fait ta rencontre avec Taurnada, ton éditeur ?

J’ai bientôt 55 ans, je suis mariée et j’ai un grand garçon de 28 ans (ingénieur et écrivain à ces heures perdues 😊). J’ai travaillé dans l’évènementiel (organisation de salons professionnels) et dans la publicité principalement en presse grand public. Puis un jour, j’ai eu envie de me lancer dans l’écriture. Avec mon mari, nous avons décidé de me laisser du temps. J’ai arrêté de travailler pour me consacrer à l’écriture. Un choix de vie qui est évidemment possible grâce à lui. Je sais que j’ai beaucoup de chance et j’en profite tant que cela est possible. Nous ne faisons aucun plan à long terme. Je suis aussi musicienne, fan de cinéma et sportive (natation).

Suite à plusieurs contrats avec des ME qui ne faisaient pas vraiment leur travail d’éditeur (pas de diffuseur, pas de distributeur, pas de com, pas de SP…), je me suis dit : j’envoie mon nouveau manuscrit (Mauvais genre) sur lequel j’avais vraiment beaucoup travaillé et dont la thématique m’était très chère, à une dizaine d’éditeurs qui répondaient à certains critères que je trouvais importants pour moi (taille moyenne, spécialisé dans le polar, petit prix, belle couverture, avec un diffuseur et un distributeur).

Taurnada m’a répondu dans les trois semaines. Je n’y ai pas cru au début, car je pensais que les délais avoisinaient plutôt les trois ou quatre mois. Nous avons échangé par mail, puis par téléphone. Cette rencontre fut une évidence. J’ai eu beaucoup de chance. Mon manuscrit est tombé au bon moment sur leur bureau et depuis plus de trois ans, je ne le regrette pas une seule seconde. C’est un peu comme une seconde famille pour moi.

2/ Ton dernier roman, À pas de loup parle d’emprise mentale, de dérive sectaire et d’écologie. Pourquoi avoir choisi ces thèmes ?

La thématique principale de ce thriller est effectivement l’emprise psychologique sur fond de dérive sectaire. L’écologie est secondaire. C’est plutôt je trouve un besoin pour toutes ces familles de revenir à l’essentiel, de s’éloigner des villes, du bruit, de la pollution. De retrouver une véritable vie de famille. J’ai rencontré toutes ces familles (par internet évidemment, confinement oblige) et tous leurs parcours sont très différents. Cela m’intéressait de connaitre leurs motivations : pourquoi et comment décider de tout plaquer pour une nouvelle vie. Je me pose moi-même la question, habitant Paris depuis très longtemps, je rêve d’un mode de vie plus paisible et déconnecté. Je suis aussi très impliquée dans la protection des animaux et j’essaye de préserver la planète du mieux possible, avec mes petits moyens. De petits gestes au quotidien, c’est déjà un bon début.

Concernant la thématique principale, sans trop en dévoiler non plus, j’ai toujours été étonnée (et le mot est faible) par le pouvoir et la capacité qu’ont certaines personnes pour dominer leurs semblables. L’emprise est partout : dans un couple, dans une collectivité, une entreprise ou dans un pays. Comment une seule personne peut endoctriner toute une population en annihilant toute forme de réaction ? Pour en avoir discuté avec des personnes confrontées au problème pendant mes recherches, je n’ai pas de réponses et le plus incroyable, c’est qu’eux non plus.

3/ Comment as-tu effectué tes recherches, es-tu allée à la rencontre de spécialistes ?

Sur internet on trouve de tout. Du bon et du moins bon. J’effectue en moyenne deux à trois mois de recherches. Pour ce roman, j’ai parlé avec beaucoup d’associations de protection des animaux (du loup et de l’ours évidemment) pour la partie écologie. J’ai parlé à des bergers et à des chasseurs, car je souhaitais vraiment que ce roman ne soit pas « à charge » et tenté de comprendre à chaque fois les deux points de vue.

Je suis allée sur beaucoup de forums pour rencontrer des familles qui avaient fait ce choix de vie (parents et enfants). Ils sont en général très contents de raconter leur expérience positive ou négative d’ailleurs. Tous les personnages du roman existent de façon plus ou moins romancée, à l’exception de Rosalie et de Martin. J’ai lu beaucoup d’archives, regardé des documentaires. Je souhaitais vraiment que cette histoire soit réaliste. Que le lecteur ne se dise pas à la fin « c’est impossible. Un truc pareil ne peut pas vraiment arriver ». Et si malheureusement…

4/ Ton histoire se déroule à la Barberie, un petit hameau imaginaire. Phonétiquement, c’est très proche de « barbarie » (ça m’a sauté aux oreilles). Est-ce un choix volontaire et si oui, pourquoi ?

Alors déjà ce hameau existe vraiment, car je suis tombée dessus au hasard d’une randonnée. Grâce à Laurent Fabre qui habite le coin, nous avons beaucoup parlé de cette magnifique région des Alpes de haute Provence, méconnue. Concernant le nom et sa phonétique, absolument pas. Pour tout te dire, c’est un lecteur qui m’a posé immédiatement la question et je ne m’en étais pas rendu compte. Je suis une « fan » inconditionnelle de Romy Schneider depuis l’adolescence. Je voulais pour ce livre que l’héroïne se prénomme Rosalie pour le clin d’œil au film de Claude Sautet. Je cherchais en parallèle le nom du hameau et j’ai pensé immédiatement au film « Le vieux fusil ». Ce petit village où Philippe Noiret a sa maison et qui sera le théâtre du drame et de sa vengeance. Je me souvenais que Noiret parlait souvent du nom de son village alors j’ai regardé à nouveau le film (vu une trentaine de fois certainement 😊. Le village s’appelait « la Barberie ». Voilà. J’avais trouvé le nom de mon hameau.

5/ Comment as-tu vécu cette première expérience de thriller ? Vas-tu la renouveler ?

Une expérience difficile. Je ne pensais pas en commençant l’écriture que ce serait aussi dur. C’est mon éditeur qui m’a demandé de faire un petit « break » en abandonnant Rebecca et son groupe à la Crim’ pour proposer autre chose aux lecteurs. Pour montrer aussi que j’en étais capable. Un sacré challenge de sortir de sa zone de confort ! Je comprends mieux maintenant que la plupart des auteurs se cantonnent soit aux polars, soit aux thrillers, car la mécanique d’écriture n’a absolument rien à voir. En fait, c’est un peu comme si j’avais écrit un premier roman. J’avais perdu tous mes repères, toutes mes habitudes. J’ai même commencé à réécrire sur un cahier au départ. Mais au final, je suis fière du résultat. Évidemment ce roman n’est pas parfait (aucun roman ne l’est d’ailleurs), mais j’ai aimé cette histoire. Je me suis attachée à tous mes personnages, à Toby, à Martin et j’ai même eu beaucoup de mal à m’enlever Rosalie de la tête pendant quelques semaines. Alors en découvrant tous les retours, je pense rééditer l’expérience, car j’ai bien envie de progresser dans ce domaine. Il faut juste que je trouve une thématique qui m’inspire autant que dans « À pas de loup ».

Un grand merci Isabelle !


10 réflexions sur “Cinq questions, cinq réponses, Isabelle Villain a bien voulu éclairer ma lanterne !

    1. Coucou 👋🏻 vous 😊
      Oui un défi réussi pour Isabelle et un entretien très intéressant. Une auteur qui en a sous la pédale et qui, j’en suis certaine, n’a pas fini de nous surprendre.
      Des bisous ma Ge

      Aimé par 1 personne

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