L’heure du diable de Patrick Bauwen

J’ai mes zones d’ombres. Comme chacun. Et peut-être un peu plus. Si vous vous aventurez trop près, je vous repousse. Je n’aime pas dévoiler mes sentiments. Appelez ça un réflexe protecteur, une barrière émotionnelle, une friendzone, un coinçage de cul, appelez ça comme vous voudrez. Vous croyez me connaître ? Détrompez-vous.

Chronique d’une révélation attendue

Le lieutenant Audrey Valenti enquête sur le meurtre d’une jeune femme dont le corps a été retrouvé la nuit d’Halloween, encastré à l’avant d’un train.
Le docteur Chris Kovak, quant à lui, est toujours la proie de ses addictions et pratique la médecine en téléconsultation. Il est contacté par le Chien, un tueur impitoyable à qui il a déjà eu affaire par le passé.

Inconditionnelle de Patrick Bauwen depuis son premier roman, L’Oeil de Caine, j’attends chacune de ses sorties littéraires avec impatience, mais je dois avouer que celui-ci je trépignais de le voir en librairie.

Troisième volet d’une trilogie débutée en mars 2017 avec Le jour du chien, L’heure du diable vient clore de manière magistrale un cycle qui n’a cessé de me tenir en haleine. Pourtant, tout ou presque a déjà été fait en matière de thriller, et il est difficile pour un auteur de trouver l’angle qui marquera sa différence. Patrick sait le faire et il relève chaque fois le défi haut la main.

Ne cherchez pas de figures de style à outrance, d’envolées lyriques ou de la poésie dans ce roman, Patrick fait dans l’efficace, l’addictif, le percutant. Contrairement aux précédents opus desquels il émanait une certaine lumière, celui-ci est plus sombre mais aussi plus personnel. Plus sombre parce que notre cher Docteur Kovak n’est plus que l’ombre de lui-même. Agoraphobe, dépressif, alcoolique. L’ambiance générale est plus pesante et reflète la sensation d’étouffement que peut ressentir notre bon médecin. Plus personnel parce que l’intrigue se déroule en partie dans un petit village du 95 cher au cœur de notre auteur.

Du point de vue de la construction, Patrick a opté pour une double narration que je vous laisse le plaisir de découvrir. Ce choix, les interpellations du lecteur accentuent l’immersion tant dans l’ambiance que dans la psychée de Kovak. Comme à son habitude, Patrick ancre son intrigue dans son époque, fake news, moyens de communication modernes, des pics à une société où le numérique prend trop de place. Il nous fait également découvrir le Béhourd, sport de combat venu du Moyen-Age, et comme dit précédemment, il nous livre les ressorts de l’agoraphobie.

Enfin, côté intrigue, Patrick nous balade dans son labyrinthe. Ne cherchez pas le fil d’Ariane, et trouvez votre Minotaure ! J’ai cru en la culpabilité de presque tous les personnages, rageant parfois, me trompant souvent.

Avec la révélation de l’identité du Chien, j’ai terminé ma lecture avec des frissons, la boule au ventre, et vous qui allez découvrir ce roman, je vous envie…

L’heure du diable, un thriller diablement efficace où l’on découvre un Chris Kovak plus intime, plus sombre. Un opus où l’on valse avec le Chien sans jamais voir son visage. Une fin de trilogie addictive, explosive, touchante.

L’heure du diable de Patrick Bauwen, publié le 26 août 2020 aux éditions Albin Michel.


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