Une mère juive ne meurt jamais de Patrice Abbou.

 » Décidément, une mère juive ne meurt jamais : peu importe où elle erre, elle continue de tirer les ficelles.

En observant les étoiles scintiller dans ce ciel infini, j’en remarque une qui brille plus que les autres… Ima. »

Chronique d’un roman tout en tendresse

Les Molina n’ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler, pendant sept jours, comme le veut la tradition.
Ils sont en deuil de leur mère Louise.
Adam Molina, 40 ans, le plus jeune des quatre enfants, avait prévu de repartir le lendemain de l’enterrement. Mais devant la pression de son père et de son frère aîné Henri, il est contraint de rester.

Ce roman m’avait fait de multiples clins d’oeil alors que je déambulais dans les allées des librairies, durant les vacances de Noël. Mais avec une PAL qui ressemblait (et qui ressemble encore) plus à une pyramide égyptienne qu’à une pile de taille raisonnable, j’avais reporté cet achat. Pourtant, j’ai craqué, j’ai été faible. C’est à l’occasion de la dernière édition du salon « Lire c’est libre » que j’ai rencontré Patrice Abbou et que j’ai succombé à la tentation.

Cette lecture a eu une saveur particulière. D’abord, elle m’a permis de découvrir une tradition de la religion juive, religion d’une partie de mes aïeus : Chive’a (les sept jours qui suivent une ihnumation). Ensuite, c’est une lecture que j’ai partagé avec mon ami Yannick du blog Nigrafolia . Une incursion en littérature blanche pour lui, un moyen de connaître un peu mieux mes racines pour moi. Pour nous deux, elle a été un moment d’échanges et de partage dans un arc-en-ciel d’émotions.

Après cette longue introduction il est temps de vous livrer mon avis.

Une mère juive ne meurt jamais est un huis-clos tendre et émouvant où l’humour apparait comme une arme pour surmonter le deuil. Au coeur de la famille Molina et de ses retrouvailles autour du dèces d’ Ima , des « je t’aime moi non plus », des piques acerbes, des situations cocasses. Patrice Abbou a su mettre en scène une famille avec ses secrets, ses douleurs et ses cicatrices, sans jamais tomber dans le pathos. Bien au contraire. Il flotte un air de fraîcheur entre les pages de son roman et ce malgré le poids et la douleur que peut représenter la mort pour ceux qui restent.

Patrice nous interpelle aussi sur notre rapport à la foi et ce quelque soit notre religion. Quand nos parents ou notre naissance la choisissent pour nous, en conservons-nous la pratique par envie, par conviction, ou au contraire, avons nous besoin de nous en affranchir pour marquer notre singularité ou notre non adhésion à des préceptes qui nous semblent d’un autre temps ? Pour autant, croyant à plein temps ou quand cela nous arrange, il est vrai que bien souvent, face à l’adversité, une épreuve, un deuil, la religion devient une valeur refuge, que l’on en soit conscient ou non.

Chacun des personnages, fort de sa personnalité, a son importance. Aucun ne fait figure de second rôle car tous révèlent une partie de nous. La légèreté d’Adam, la rigidité d’Henri, les colères du Roi David et son incapacité à laisser le passé s’en aller, la bienveillance de Suzanne, l’attachement de Lucie pour les siens… Tous prennent corps et nous offrent une histoire attendrissante, qui se déguste comme un roudoudou, avec nostalgie et émotions.

Une mère juive ne meurt jamais est un roman tout en courbes douces et soyeuses. Un roman empli d’humanité, qui vous fera sourire, une larme perlant au coin de l’oeil…

Je vous invite à découvrir l’avis de Yannick ici : https://nigrafolia.fr/2020/04/09/une-mere-juive-ne-meurt-jamais-abbou/

Une mère juive de meurt jamais de Patrice Abbou, paru le 24/10/2019 chez Plon.


4 réflexions sur “Une mère juive ne meurt jamais de Patrice Abbou.

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