Mourir en scène de Christos Markogiannakis

C’était le propre des être humains de renverser leurs idoles avec la même passion et la même facilité qu’ils mettaient à les glorifier, s’était dit le policier, se rappelant les critiques acérées, les commentaires haineux, presque inhumains, dirigés contre la Callas fin 1973, début 1974, lors de sa dernière tournée, notoirement médiocre, avec Di Stefano.

Chronique d’un roman inspiré des classiques

Un été torride sur les bords de la Riviera athénienne. Tandis que des hauts parleurs déversent des mélodies pop, une foule électrisée danse pieds nus sur le sable devant une chanteuse propulsée jusqu’à la scène par un monte-charge pneumatique, telle Aphrodite jaillie des eaux. Cinquante mille fans de tous âges assistent aux adieux de leur idole lors d’un concert retransmis en direct par la seule chaîne musicale ayant survécu à la crise grecque. Le capitaine de la police Christophoros Markou, numéro deux du département des homicides de l’Attique, n’est pas là pour s’amuser mais pour assurer le service d’ordre de la star avec ses équipes. Lorsque, tout à coup, la fête tourne au cauchemar : la scène prend feu avant d’exploser. Accident ou attentat ?

Avec ce second roman, Christos nous entraîne dans une enquête au cœur d’une Grèce en pleine crise financière. On y retrouve Markou, Capitaine de Police découvert dans Au 5ème étage de la faculté de droit. Un Markou attachant, plus sensible que dans le premier opus, mais toujours autant assoiffé de vérité. Véritable Columbo moderne, ce Capitaine au grand cœur va nous transporter avec lui au cœur du show-biz grec.

De l’histoire, je ne vous dirai rien de plus. La quatrième de couverture est faite de façon à ce que la découverte soit complète, et j’avoue que c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Le mystère s’envole au fil des pages et si j’ai rapidement deviné où l’auteur nous emmenait, j’ai apprécié son style un peu surannée. On retrouve entre ses lignes les codes des classiques du genre. Pas de surenchère de sang ou de violence, juste une enquête intelligente digne d’Agatha Christie.

Christos en profite pour évoquer l’économie de son pays, mais aussi et surtout mettre en exergue les points noirs du monde des stars et des paillettes. La difficulté de vieillir, se renouveler pour durer, la concurrence des nouvelles générations, un ensemble de thèmes qu’il dépeint au travers de personnages bien construits et attachants.

Avec ce second roman, Christos Markogiannakis confirme sa place dans le milieu du roman policier inspiré des classiques. Véritable Jessica Fletcher masculin, je l’imagine aisément écrire les enquêtes qu’il mène derrière une vieille machine à écrire, revêtant son costume de Markou pour nous transporter avec lui dans une ambiance de film en noir et blanc.

Si vous avez envie de passer un bon moment sous le soleil grec, dans une ambiance digne d’un épisode d’Arabesque, ce roman est fait pour vous.

Mourir en scène de Christos Markogiannakis, paru le 26 février aux éditions Albin Michel.


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