Trois questions à Ludovic Miserole.

Pourquoi avoir choisi de raconter les histoires inconnues de l’Histoire ?

A vrai dire, je crois que cela s’est imposé à moi. Depuis tout gosse, je suis attiré par les seconds rôles plutôt que par les têtes d’affiche. Il ne peut y avoir de grands personnages, réels ou fictifs, sans d’excellents seconds couteaux.

Les grands personnages historiques, on les connait tous plus ou moins. D’ailleurs, on écrit toujours sur les mêmes. On ne compte plus les livres sur Marie-Antoinette, Napoléon ou de Gaulle. Pourtant, ils n’étaient pas seuls. Je crois que c’est Talleyrand qui disait : « Derrière chaque grand homme, il y a une femme ». Et bien, derrière chaque grande figure historique, il y en a d’innombrables, dans l’ombre, oubliées et espérant un peu de lumière. Je trouve ces personnages ô combien intéressants ! Il leur en a fallu du caractère et une certaine abnégation pour vivre aux côtés des plus grands ! Déjà de leur vivant, ils s’effaçaient pour que d’autres  puissent s’épanouir.

Pour moi, ce travail sur les oubliés de l’Histoire est un devoir de mémoire. On ne peut réduire la vie de quelqu’un à ce qu’il a vécu auprès d’un autre. Un autre que l’on désigne de plus grand intérêt que lui tout comme on l’a fait avec Rosalie Lamorlière. Une femme morte à 80 ans, mais dont l’existence ne fût réduite par les historiens qu’aux 76 jours passés près de Marie-Antoinette.

Qu’est ce qui t’a attiré chez Rosalie ?

Sa sensibilité, son extrême pudeur et cette humanité dont elle a fait preuve aux pires heures de l’Histoire et qui aurait pu lui être fatale. Cette femme m’a profondément touché. Comme si elle portait en elle tous ces oubliés de l’Histoire qui m’ont toujours fascinés. Elle faisait probablement aussi écho à cette timidité qui m’a longtemps caractérisé et qui faisait de moi un garçon effacé. Je pense pouvoir dire que cette femme, disparue pourtant depuis longtemps, m’a sauvé pour diverses raisons.

Dès que l’ai croisée dans plusieurs ouvrages sur Marie-Antoinette, j’ai tout de suite désiré la connaître davantage. D’où venait-elle ? Avait-elle, elle aussi, était guillotinée sous la Terreur ? Trop de questions auxquelles je ne trouvais aucune réponse. J’enrageais de voir que personnes parmi tous ces historiens qui pourtant se servaient de son témoignage depuis 200ans n’avaient pas fait ces recherches.

Je n’ai pas réfléchi et je me suis lancé dans cette incroyable aventure sans savoir où tout cela allait me mener.

Comment as-tu fait pour construire ton roman ? La somme de recherches est incroyable et je me demande comment tu as réussi à organiser le tout pour nous livrer ce roman !

Au départ, je n’avais même pas l’idée d’écrire un roman. Je me suis juste contenté de parcourir des milliers de kilomètres pour aller à sa rencontre. Je prenais sur mon temps personnel, mes congés. Il y avait une troisième personne dans mon couple, ce qui n’a pas été sans quelques problèmes…mais j’ai la chance de partager ma vie avec une personne très compréhensive.

Peu à peu, au fil des mois, Rosalie m’apparaissait plus clairement sans toutefois se livrer totalement.

Au cours de mes recherches, plusieurs historiens rencontrés aux archives étaient abasourdis devant tant d’acharnement. Ayant eu écho de mes découvertes, ils m’ont dit que je ne pouvais pas garder tout cela pour moi. Comme l’envie d’écrire me taraudait depuis l’enfance, je n’ai pas hésité plus longtemps. Toutefois, je ne voulais pas quelque chose d’universitaire. Rosalie était une fille du peuple, je voulais la rendre vivante et accessible au plus grand nombre. Alors m’est venu l’idée d’une Rosalie au crépuscule de sa vie, comme assise au bord de sa tombe, faisant le bilan d’une vie bien remplie, mais il me falalit conserver cette pudeur qui la caractérisait. Elle aimait la solitude et coupait court dès qu’on l’interrogeait sur la reine Marie-Antoinette alors que tous auraient donné n’importe quoi pour l’écouter.

Au fil des années, j’ai accumulé beaucoup de documents et de renseignements la concernant. Alors, un jour, je me suis lancé et j’ai commencé à noircir ces pages que j’aurais tant désirées lire. Pour ne pas me perdre, j’ai classé ces ressources en trois parties : la jeune Rosalie de Breteuil, celle de la Conciergerie et enfin la vieille dame se préparant à son dernier voyage. Je piochais au fil de mes besoins. Entre les recherches et l’écriture, cela m’a pris neuf années.

Et notre histoire à tous les deux n’est pas terminée. Rosalie a beau être le premier livre que j’ai écrit, vous la croiserez encore dans de futures publications.

Un grand merci Ludovic !

Si vous souhaitez rencontrer Ludovic, n’hésitez pas à le suivre sur sa page facebook auteur, vous y retrouverez toutes les informations le concernant : https://www.facebook.com/Ludovic-Miserole-auteur-885919644856341/

Ludovic et moi au salon Lire c’est libre 2019


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